Semaine de navigation du 7 au 14 juillet 2012

Publié le par Christophe

1 programme de navigation, 1 bateau, 1 équipage et la météo !

Avec Claude, Michel et Martine, nous avons prévu de descendre dans le pays basque espagnol et en particulier Bilbao, port de renom pour son musée Guggenheim.

Traverser le golfe de Gascogne, même au mois de juillet, ne s’improvise pas. 250 miles nautiques dans un des endroits de navigation les plus dures. Cela nécessite d’avoir la météo qu’il faut.

Autant dire que cela commence mal, déjà raccourci d’une journée pour cause de stage professionnel, le voyage est amputé d’1 journée supplémentaire. Les conditions météo ne sont pas bonnes pour le vendredi 6 juillet sur le proche Atlantique, une constante depuis le début du printemps 2012.

 

Samedi 7 juillet 2012

Finalement, nous partons le samedi matin ; mais en visant l’île d’Yeu pour assurer. Les prévisions ne sont guère réjouissantes et nous promettent un passage au large de l’estuaire de la Loire musclé.

Les 1ères heures de navigation sont agréables : navigation bon plein vers les grands cardinaux, un grand phare d’atterrissage au sud-est de l’île d’Hoëdic. Nous marchons à 7 nœuds de moyenne les 4 premières heures.

Mais arrivés sur le plateau de la Banche (ndlr : au large de l’estuaire de la Loire), le temps se dégrade. Pluie, vent et mer formée, nous progressons sous 2 ris et foc 2.

Pointe à 8,60 nœuds mais estomacs bien accrochés. Ballotté par les vagues et les rafales de vent, Moana ressemble à un fétu de paille dans la tempête.

Passé le grain et la Loire, les conditions de navigation deviennent plus maniables. Nous pouvons progressivement renvoyer 1 puis 2 ris et dérouler le génois pour débouler sur Yeu.

Notre arrivée sera salué par un ultime grain après un slalom parmi les casiers. A croire que la mer n’est pas assez grande.

60 miles parcourus de porte à porte en 10 heures pour cette 1ère étape.

Nous avions prévu de rallier Bilbao en direct ; mais tout l’équipage est heureux de cette escale impromptu.

Port Joinville n’est pas rempli, une exception dans la saison estivale pour ce port situé idéalement sur la route entre la Vendée et la Bretagne.

 

Dimanche 8 juillet 2012

Après le pain frais, notre 1ère tache est de regarder la météo de la journée et des jours suivants.

Le force 2 annoncé la veille est devenu un force 4 à 5.

Pire, les conditions se maintiennent pour les prochains jours avec certes une accalmie pour le lendemain et une grosse incertitude pour la fin de semaine : prémisse d’un vent assez fort pour le vendredi et le samedi lorsque nous serons à Hendaye. Autant dire, pas le coin rêvé pour de telles conditions.

Après concertation avec l’équipage, nous révisons complètement notre programme et décidons de nous arrêter à Royan.

Cela signifie que nous disposons désormais de temps que nous mettons rapidement à contribution pour louer des VTT et partir visiter l’île d’Yeu.

Tour par l’ouest le matin en longeant la côte nord au départ. Pédaler face au vent est toujours à réserver pour le début lorsque les cyclistes sont encore frais. Passé la pointe du But, nous filons vers l’anse du château, vent dans le dos. C’est nettement plus facile. Nous ne regrettons pas pour autant cette journée supplémentaire sur l’île d’Yeu. La mer moutonne et nous préférons la terre ferme aux masses liquides et mouvantes.

L’après-midi est mise à profit pour un tour de l’île par l’est. Pointe des corbeaux, baignade dans l’anse des vieilles qui est un mouillage réputé de l’île. Des 3 possibilités de mouillage au sud de l’île, tous sont vides pour cause de houle tout comme ceux de la côte nord, exposés au vent de nord-ouest.

Retour vers Port-Joinville pour une bière sur une terrasse du port et l’apéro à bord.

 

Lundi 9 juillet 2012

Départ à 9 heures 30 sous un ciel menaçant et un vent très faible.

Nous rallions la Sablaise, une bouée délimitant les fonds rocheux au nord-est de l’île d’Yeu au moteur.

En régate avec deux autres voiliers.

Notre voisin de ponton, un couple d’anglais naviguant à bord d’un J 122, parti ¼ d’heure plus tôt du port est déjà loin. Nous ne le rattraperons jamais.

Passé la pointe des corbeaux au sud-est de l’île, le vent revient sans jamais s’établir véritablement alternant tout au long de cette navigation vers les Sables d’Olonne les bouffées d’air et les périodes plus calmes.

De fait, notre vitesse oscille entre 4 et 7,5 nœuds.

Cette journée qui devait être la plus froide de la semaine est finalement agréable : short et tee shirt sont de sortie mais également le ciré complet à l’occasion d’ondées plus ou moins longues.

Arrivée au quai Garnier à 15 heures.

Contrairement à Port Olonna qui est une marina privée, le quai Garnier est administrée par la CCI de Vendée. Elle participe au passeport Morbihan avec la Sagemor nous autorisant une nuit gratuite dans la limite de 5 nuits par an ( en partenariat avec l’île d’Yeu).

Baignade, promenade avant le traditionnel apéro et une omelette de champignons frais et lardons fumés.

Une " petite " glace chez Léa pour clore cette journée de navigation.

Le rythme est pris.

 

Mardi 10 juillet 2012

Départ des Sables à 10 heures, direction Royan pour une grande étape : 70 miles.

Le vent établi force 3 nous propulse travers entre 6 et 8 nœuds.

Ré, Oléron, les îles du soleil défilent sous le vent tandis que Moana taille sa route en direction de l’estuaire de la Gironde.

18 h 40, nous passons la bouée n°1 qui marque l’entrée de la Gironde.

Il nous faudra 3 heures pour remonter jusqu’à Royan situé à 15 miles nautiques en amont.

Avec la marée montante, nous remontons côte à côte de 3 cargos.

Avec un coefficient de 44, le courant n’excède pas un nœud.

La Courbe, Cordouan, et la Pointe de Grave, pas moins de 3 grands phares balisent cet espace nautique.

21 h 45 : amarrage au ponton visiteurs de Royan. Apéro et dîner.

 

Mercredi 11 juillet 2012

Journée repos et découverte de Royan.

Promenade sur la corniche suspendue entre terre et mer.

Au gré des conches creusées dans les roches tendres qui bordent le fleuve, les villas style années 70 succèdent aux maisons contemporaines, blocs de béton épurés étonnamment modernisés.

Car Royan, détruite pendant la 2ème guerre mondiale, a été à l’instar du Havre, de Caen et de Brest, totalement reconstruite jusqu’à son église, chef d’œuvre de l’architecture contemporaine.

Avec une population qui passe de 20 à 200 milles habitants entre l’hiver et l’été, Royan est entièrement dédiée aux loisirs : restaurants, magasins, manèges se succèdent face à l’océan. Un temple de la consommation moderne !

 

Jeudi 12 juillet 2012

Journée navigation retour vers La Rochelle.

La météo prévoit en effet une dégradation pour vendredi et samedi et l’équipage de Philippe arrive dans l’après-midi de demain.

La sortie vers le large n’en finit pas : 15 miles contre vent et courant.

Pour autant, nous bénéficions de bonnes conditions de navigation : vent force 2 à 3 et mer plate.

A tirer des bords, il nous faut 5 heures pour nous extraire de l’estuaire de la Gironde.

Du phare de Cordouan, nous avons pu observer les 3 faces : est, nord et ouest, manque le sud !

Contrairement à la remontée, les cargos ne nous ont pas trop dérangé : seulement un paquebot qui remonte sa cargaison de croisiéristes en direction de Bordeaux.

Arrivés à la 3ème bouée avant la sortie, nous tentons un raccourci à travers les bancs. Nos cartes nautiques datent de 1994 et les bancs de sable ont bougé. Nous sommes à marée haute.

Je serre un peu les fesses à la table de navigation mais nous passons sans difficultés par 8,5 mètres d’eau à minima.

Cap sur la pointe de Chassiron à l’extrémité d’Oléron.

Houle de 1 à 1,5 mètres, bon plein, le bateau trace sa route.

Seulement 2 voiliers rencontrés sur les 25 miles qui nous séparent du Pertuis d’Antioche. pour un début de mois de juillet, c’est très peu mais à regarder nos conditions de navigation, ce serait plutôt l’automne que l’été.

19 heures, nous doublons le phare de Chassiron et faisons route vers la Rochelle, les voiles en ciseaux, emmenés par la houle. Le bateau se barre tout seul, témoin du parfait équilibre.

Je reste cependant derrière la barre pour reprendre la main le cas échéant ; mais c’est grisant de voir les 8 tonnes en charge de Moana poursuivre seul sa route.

21 heures, nous nous amarrons au ponton n°15 du port des Minimes, à couple et au 3ème rang.

Météo France a prévu une dégradation pour demain après-midi avec un risque de grand frais (Force 7). Nous avons déjà 5 hectopascals dans l’après-midi.

 

Vendredi 13 juillet 2012

Nous voilà bloqués au port des Minimes avec force 6 et des rafales régulières à plus de 30 nœuds.

La pluie tombe sans discontinuer depuis ce matin quasi à l’horizontale.

Le baromètre affiche 1006 soit 15 hectopascals perdus en 24 heures.

Déjà ce matin, les rafales ont atteint 35 nœuds à la capitainerie (33,6 à bord de Moana).

La moindre sortie à l’extérieur du bateau est synonyme de douche.

Nous attendons la relève, l’équipage de Philippe qui remontera le bateau à la Trinité sur Mer.

Pas de glace sur le Vieux Port, ce qu’il nous faudrait, c’est plutôt un chocolat chaud.

Publié dans Les sorties

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F
Très bon récit de Christophe (surement aidé de Martine et Michel)<br /> Effectivement il était sage de ne pas descendre vu la météo de ce début d'été.
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