Tour de Belle Ile 2012

Publié le par Christophe

Voilà, le grand jour est arrivé !

Equipage au complet : Dominique le skipper, Florence, Alain, Yvan, Michel et moi-même.

Le bateau lui n’est pas tout à fait prêt : le carénage initialement prévu la semaine précédente n’a pas pu avoir lieu. La grue élévatrice était en panne : ventilateur du radiateur HS. S’agissant d’une pièce américaine montée sur un moteur d’origine française, il a été très difficile de trouver la pièce. Résultat : une carène un peu sale avec des algues qui marquent la ligne de flottaison. Ajouté à cela un génois fatigué (il date de l’année 2000 et accuse un grand voyage en Méditerranée en 2009) que le voilier nous a réparé quelques jours auparavant ; ce n’est pas le casting idéal pour se présenter sur une ligne de départ.

Heureusement, nous y allons plus pour nous faire plaisir que pour faire une bonne place. Quand on voit les gardes robes des autres bateaux, on s’aperçoit très rapidement que nous ne jouons pas dans la même cour : tissus exotiques, 3 DL, … .

Qui dit régate, ne dis pas oublier les traditions qui sied à la réussite de l’association : cocotte savoureuse arrosée d’un bon vin et apéro digne de ce nom sont à bord pour le vendredi et le samedi soir.

Nous nous couchons tard vendredi pour nous relever tôt la samedi midi : 6 heures 30 tapantes ; car le départ étant donné à 10 heures, nous prévoyons de quitter le ponton deux heures auparavant. Objectifs : être à l’heure sur la ligne de départ, tester la cohésion de l’équipage à l’occasion de quelques manœuvres et envoyer et affaler le spinnaker.

8 h 05 : nous quittons le ponton. La météo qui nous annonçait quelques jours auparavant une météo musclée s’est nettement radoucie. Pas de vent en ce début de matinée et nous rejoignons au moteur la zone de départ : une ligne de 2 miles de long séparée en plusieurs couloirs regroupant les bateaux d’une même catégorie.

Météo France a néanmoins prévu un peu de vent pour l’heure du départ. Il y 44 miles à parcourir sur le grand parcours qui contourne Belle Ile par les Poulains, la pointe du Skeul, la bouée des Galères (pointe de Kerdonis)  et retour par le chenal de la Teignouse dont il faut, à l’aller comme au retour, respecter le balisage.

Pour les petits bateaux, la régate rejoint la Ouest des Poulains, les Galères et retour en baie de Quiberon qui est le point de départ. Pour tous ceux qui naviguent depuis longtemps en baie de Quiberon, la ligne de départ se situait à proximité des anciennes bouées du rat et de la souris, deux bouées danger isolé, cette dernière étant la plus proche de la côte.

10 heures 10 : départ sous spi. Nous sommes bien placés sur la ligne sur un plan d’eau irisé de quelques zéphyrs. Les numéros 1 et 2 cafouillent un peu en envoyant le spinnaker la tête en bas mais rien de bien méchant  dans un vent aux abonnés absents.

Le plus compliqué est de s’extraire de la masse des 525 voiliers qui participent à la régate : du 110 pieds IDEC de Francis Joyon au modeste Muscadet de 21 pieds, la flotte est hétéroclite.

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Avec aussi peu de vent, nous nous traînons et nous faisons dépasser par lesX yachts, First 40.7 et autres destriers de course qui courent dans la même catégorie que nous. Nous concourons dans la classe libre regroupant tous les monocoques de plus de 11 mètres. Le plus grand est celui de Jean-Pierre Dick : 54 pieds. Il terminera 1er.

A l’entrée de la Teignouse, nous comptons beaucoup moins de bateaux derrière nous que devant. La plupart des petits croiseurs sont déjà passés profitant de leur poids plume. Le vent est toujours aussi faible. Sur cette partie du parcours, notre vitesse mini a été de 0,00 nœuds et le maximum de 3,25 nœuds.

Comme il y a de l’embouteillage à la Basse Nouvelle (bouée rouge marquant  l’entrée du chenal de la Teignouse, nous optons pour la verte située plus au sud. Cette option nous permet sur la longueur du chenal de récupérer au moins 70 places !

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Nous naviguons à présent vers les Poulains quasi bord à bord avec Moana 1, notre 1er bateau, un First 310. Le veinard dispose de voiles régates achetées pour les Vieux Safrans courus en juin 2005.

Mais rapidement, le vent tombe à nouveau de sorte qu’il semble de plus en plus difficile de passer les Poulains avant l’heure fatidique de 15 heures 10. En effet, le règlement intérieur de la course stipule :

Que les bateaux devront dépasser la Ouest Poulains 5 heures après l’heure de départ. C’est en temps normal plus qu’il n’en faut pour couvrir les 14 miles.

Que les bateaux qui mettront plus de 14 heures pour faire le parcours ne seront pas classés.

A mesure que le temps s’égrène, les abandons se multiplient.

Nous espérons encore repêchés en n’effectuant certes pas le grand Tour mais en passant la Nord Poulains et en revenant directement sur la Teignouse. Nous serons classés après le dernier bateau qui aura passé la Ouest Poulains et effectuer le grand Tour mais nous serons classés.
A 15 heures, le vent daigne se lever : 6 nœuds au portant !

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A 15 heures 10, il nous reste encore 1,5 miles à parcourir environ. Le grand Tour de Belle Ile, ce ne sera pas pour cette année.

15 heures 30, nous virons la Nord Poulains après avoir cherché le bateau comité. En l’occurrence, un modeste semi-rigide bien difficile à trouver parmi une flotte de bateaux encore nombreuse.

Le retour vers la Trinité sur Mer s’effectuera alors au près serré dans un vent qui ne cesse de prendre de la puissance.

25 nœuds en rafales, sous un ris et un génois sous enrouleur de plus en plus petit.

Arrivés en baie de Quiberon, la pluie s’en mêle mais quel spectacle que tous ces bateaux qui croisent au près derrière nous. En effet, le vent est revenu nord est et après avoir viré les Poulains, nous sommes dans une bonne position sur le plan d’eau.

Nous coupons la ligne d’arrivée à 19 heures 10. Le vent est établi désormais à Force 6 avec quelques claques à 28 nœuds.

Notre classement : difficile à dire.

Nous ne pensons qu’à une chose : rejoindre le ponton, nous mettre au sec autour d’un apéro et déguster le tajine de poulet au sésame.

 

Lendemain matin, les résultats sont affichés à partir de 10 heures. C’est évidemment la cohue. Une partie de l’équipage envoyé en éclaireur revient bredouille. Nous ne retrouvons pas Moana dans la classement y compris dans les DNF (Do Not Finish). Mais notre bateau FRA 17385 a pourtant bien été pointé.

Après déjeuner, alors que la foule des concurrents à la recherche de leur place s’est nettement clairsemé, nous retournons jeter un coup d’œil au classement.

Dans un 1er temps, impossible de nous trouver sur la liste en remontant du bas vers le haut.

Comme nous sommes pointés, nous repartons du haut de la liste.

16ème, 16ème, nous sommes classés 15 places derrière Jean-Pierre Dick et son 54 pieds. Nous n’en revenons pas ! Et avec un bateau pas caréné et un génois et un spinnaker antédiluviens. L’an prochain, promis juré nous reviendrons avec un bateau préparé et des voiles neuves et là, JP n’aura qu’à bien se tenir.

 

L’épilogue viendra deux jours plus tard avec la publication du classement corrigé. Notre bateau avait certes terminé dans les premiers de sa classe mais sans avoir effectué le grand Tour.

Nous terminons 254ème sur 262 bateaux classés et 525 participants au classement scratch .

Et 72ème sur 78 bateaux classés dans notre catégorie qui compte 70 bateaux non classés.

Une place plus réaliste que notre 16ème place du dimanche mais tout à fait honorable.

 

ChristopheDSC00062.JPG

Publié dans Les sorties

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